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  • Evelyne Roussillon

L'infidélité : cancer du couple ou opportunité pour grandir ?

Certains disent qu'ils ne pourront jamais pardonner, d'autres prétendent qu'ils se vengeront, d'autres préfèrent se séparer, d'autres en profitent pour se remettre en question, interroger leur manques, rebondir et enrichir leur relation ...



La personne qui découvre, apprend l'infidélité se confronte en général à une grande souffrance et est amenée à se sentir trahie, déçue, éprouve de la colère, et bien-sur une profonde détresse et douleur dévastatrice.

Est-il possible de surmonter ces sentiments pour pardonner et reconstruire la confiance ?

Et d'un autre côté, est-il possible de se pardonner , de se libérer de la culpabilité d'avoir failli au contrat d'exclusivité ?

La colère ne va certes pas relâcher en 1 jour, des jours, voir des semaines et des mois vont être nécessaires.

La personne subissant l'infidélité aura avant tout besoin de 'décharger' sa colère, sa souffrance et de se sentir écoutée avec le plus de calme et d'attention possible, pour pouvoir faire face à cette colère la ramenant à un sentiment d'injustice.

Il n'est pas recommandé à cette étape de mêler des tiers (famille, enfants, parents, amis...) qui pourraient se laisser influencer sans réellement disposer de tous les tenants et aboutissants de la situation.

Soit le, la conjoint(e) est en mesure de proposer cette écoute empathique, soit ce n'est pas possible et l'accompagnement d'un thérapeute, thérapeute de couple ou médiateur de couple sera le bienvenue pour permettre au couple de prendre de la distance par rapport à la situation, aux affects et aborder le dialogue avec un peu plus de sérénité.

L'intention n'est pas de chercher à se réconcilier trop vite mais de permettre à la personne blessée de d'évacuer sa douleur et retrouver de l'apaisement.

En phase d'apaisement, le dialogue pourra reprendre non pas pour se critiquer, se juger, se justifier mais pour se dire ce qui a été vécu de positif dans la relation jusqu'à aujourd'hui, et ce que chacun apprécie chez l'autre. Il sera nécessaire de s'offrir du temps à deux pour pouvoir échanger en profondeur et avec sincérité.

Si cette étape est traversée, alors chacun des conjoints pourra de son côté s'interroger sur ses manques dans la relation, sur ses propres blessures et sur ce qu'il demande peut-être à l'autre de combler.

Souvent au début d'une relation, nous aimions chez l'autre ce qui nous fait défaut, et en avançant dans la relation, ce sont souvent ces mêmes traits de caractère qui nous dérangent ...

Cela demande à chacun de regarder ses zones d'ombre (car en tant qu'êtres incomplets, nous avons tous), de les accepter, c'est à dire de reconnaître ses propres responsabilités dans cette crise. Ce qui permettra aussi de considérer l'autre avec plus de tolérance. Il s'agit de transformer d'un côté une victime et d'un autre côté un coupable, en deux adultes acceptant leur imperfection et désireux d'avancer.

Est-ce possible de communiquer sincèrement sur les attentes de chacun et de ne pas laisser l'autre deviner dans nos pensées ce dont nous avons tant besoin ? Est-ce possible d'installer dans le quotidien un mode de communication respectueux l'un de l'autre et de sortir du mode critique et reproche ? Est-ce possible de porter avant tout son regard sur le positif de la relation, plutôt que de regarder toujours ce que nous n'avons pas ? Autant de questions à se poser, et d'expériences à tenter.

Cela pourra être aussi l'opportunité d'échanger sur la sexualité du couple, sur les manques, les frustrations, les désirs de chacun encore une fois, d'oser demander, expliquer, expérimenter...

Un couple heureux n'est pas un couple qui s'enferme, mais un couple qui échange, qui est tendre, se rassure, se diversifie, se renouvelle.


Tant que le partenaire 'trompé' ne pardonne pas, et que l'autre ne se pardonne pas, alors l'atmosphère restera souterrainement empoisonnée, à vouloir se faire payer...

La décision de la séparation sera sans aucun doute plus habile, pour poursuivre chacun sa vie de son côté et se réconcilier avec sa capacité à faire confiance et à aimer.


Ou sinon, de nouveaux projets à moyen terme pourront dès lors commencer à naître et viendront ressourcer la relation.


Pouvons-nous nous interroger sur la couleur que nous donnons à cette crise : péché, faute, erreur, incident de parcours, expérience ... ?


Source et inspiration : "Bienheureuse Infidélité" de Paule Salomon, en livre de poche.

Evelyne Roussillon, sophrologue, sexothérapeute et thérapeute de couple.


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